"Opportuniste", "Gentleman" très peu cambrioleur et surtout un de ces "Playboys" qui ont "le piège à filles, le piège tabou, le joujou extra qui fait Crac, Boum et Huuuu", Jacques Dutronc est une icône de la chanson française. Comédien hors pair, il a souvent été appelé, paradoxalement, "le dilettante" de la chanson, la faute probablement à son air indolent et à ses yeux bleus ironiques qu'il cache désormais derrière de perpétuelles lunettes de soleil, vissées juste au-dessus d'un sempiternel cigare. Son sens de la provocation, ajouté à un look de dandy anti-yéyé pendant les années 60 avait déjà lancé le personnage. Plusieurs décennies d'une carrière florissante où chacun de ses disques et de ses films est désormais considéré comme un événement, ont également contribué à consolider le mythe. Etudiant relativement démotivé, il quitte successivement le lycée et une école de dessin industriel pour traîner avec ses copains, Jean-Philipe Smet alias Johnny Hallyday et Eddy Mitchell, entre autres. Il devient guitariste de ce dernier après avoir formé son propre groupe, El Toro et Les Cyclones, alors qu'il n'a que 19 ans. Comme Jacques connaît un peu de monde dans le milieu musical de l'époque, il se voit bombardé directeur artistique chez Vogue. Il écrit aussi quelques chansons, dont des titres pour de jeunes et ravissantes chanteuses débutantes, dont une certaine Françoise Hardy, qui deviendra sa femme. C'est cependant sa rencontre avec l'écrivain Jacques Lanzmann, en 1965, qui va lancer sa carrière de chanteur. Un an après leur rencontre, Jacques Dutronc sort son premier 45t, "Et moi, et moi, et moi". Le succès est immédiat. La jeune génération reconnaît la société prospère et égoïste des années 60 dans ce refrain faussement idiot et carrément dansant. Même procédé, même succès pour son deuxième 45t, "Les Playboys", avec le fameux "Crac Boum Huuu" que Dutronc chante avec un air goguenard et détaché qui pour le coup, tombe vraiment les filles. Suivra "Il est cinq heures, Paris s'éveille", considéré aujourd'hui comme un des grands classiques de la chanson française. En 1972, déjà, il interprète "Le petit jardin", une complainte écolo et nostalgique pleine de sensibilité puis commence à collaborer avec Serge Gainsbourg, avec qui il est très lié. C'est peu après cette époque que Jacques Dutronc décide de mettre un frein à sa carrière de chanteur et d'amuseur public pour se consacrer à sa carrière de comédien avec le succès qu'on lui connaît par la suite puisqu'il recevra même le César du Meilleur Acteur en 1992 pour "Van Gogh". Entre ses rôles au cinéma et ses périodes de repos dans sa maison en Corse, à Monticello, sa nouvelle terre d'adoption, Dutronc a de moins en moins de temps à consacrer à la chanson mais ne l'abandonne pas tout à fait. Avec un à propos cinglant, il chante en 1978 "L'Hymne à l'amour...moi l'nœud" et "Merde in France" en 1982, pour ne citer que ses tubes, où il campe son nouveau personnage, moins playboy, plus dandy déglingué et cynique sur les bords. Aujoud'hui, son fils Thomas prend la relève...

R.B.


Renseignements sur Jacques Dutronc

 

Diffuser une radio par artiste

Artistes semblables

Contemporains
 
 
 

Radio mondiale