Parmi les artistes français les plus influents de la seconde moitié du 20ème siècle, Serge Gainsbourg a étendu son autorité au répertoire d'expression anglophone grâce à des artistes comme Beck ou Nick Cave. Post moderne bien avant que quiconque ne sache ce que cela signifie, Lucien Ginsburg, né à Paris le 2 avril 1928 de parents juifs russes fut l'un des auteurs-compositeurs les plus fertiles de son époque, touchant à tous les styles musicaux, mais aussi au cinéma et à la littérature. Jusqu'à l'âge de trente ans, il vit de petits boulots et son activité principale est la peinture. Il a une révélation en voyant Boris Vian, qui écrit et interprète des textes provocateurs, drôles, cyniques, qui font grincer des dents. En 1957, c'est par hasard que Michèle Arnaud, chanteuse  rive gauche qu'il accompagne à la guitare dans son tour de chant, découvre avec stupéfaction les compositions de Gainsbourg et l'incite à interpréter son propre répertoire. Son premier album, "Du chant à la une" d'où est extrait "Le Poinçonneur des Lilas" est un échec commercial, mais il est remarqué par Marcel Aymé, qui dit que ses chansons « ont la dureté d'un constat ». Son maître, Boris Vian, avant de mourir en 1959, le compare à Cole Porter. Plus tard, c'est en écrivant pour Juliette Gréco ("Accordéon", "La Javanaise") et Petula Clark ("La Gadoue") qu'il rencontre ses premiers succès, mais c'est avec Françoise Hardy ("Comment te dire adieu ?") et surtout France Gall qu'il va réussir à séduire un public jeune. Après ses premiers succès gainsbourgiens ("N'écoute pas les idoles", "Laisse tomber les filles"), France Gall remporte, en 1965, le grand Prix du Concours Eurovision de la chanson après avoir choisi le titre "Poupée de cire, poupée de son". Fin 1967, Serge vit une passion courte mais torride avec Brigitte Bardot à qui il dédie la chanson "Initials B.B." après lui avoir écrit quelques titres emblématiques comme "Harley Davidson" et "Bonnie and Clyde". Un an plus tard, ce sera la rencontre avec le mannequin anglais Jane Birkin pour laquelle il sera à nouveau auteur-compositeur avec "Je t'aime... moi non plus" et "69 Année érotique", immenses succès qui dépasseront les frontières. Quatre albums phares sortiront dans les années 70 : "Histoire de Melody Nelson" (1971), "Vu de l'extérieur" (1973), "Rock around the bunker" (1975) et "L'Homme à tête de chou" (1976). S'ils rencontrent peu de succès commercial (les ventes plafonnent à 30 000 exemplaires), ils le hissent à l'avant-garde de la chanson française. A la fin des 70's, Gainsbourg marie Reggae et chanson française avec un culot énorme. Ce sera sur l'air de "La Marseillaise", "Aux armes et cætera", Les conservateurs seront choqués, des militaires saccageront une salle de spectacle, mais le succès est énorme. Ironique, provocateur, Gainsbarre perce sous Gainsbourg. Serge forge ainsi sa légende de poète maudit mal rasé et ivre qui lui vaut tantôt l'admiration tantôt le dégoût. La jeune génération est conquise. Mais au bout de dix ans Jane Birkin n'en peut plus et le quitte. A la fin des années 80, il part pour New York où il va redonner un coup de fouet à sa carrière en enregistrant ses deux derniers albums, "Love on the Beat" et "You're under arrest". Après le Reggae, Gainsbourg se frotte au Hip Hop et au Funk. Toute sa vie, il aura renouvellé le genre, absorbé tous les styles, joué la diversité et la curiosité. Friand de jeux de mots, il s'appuie fréquemment sur le double sens. Les allusions érotiques sont de plus en plus fréquentes au fur et à mesure de sa carrière. Homme à femmes, il écrira pour toutes celles dont il tombera amoureux, et les convaincra toutes de chanter ses textes dans un souffle sensuel, et sans suite. Quelques jours avant sa mort, en 1991, sa maison de disques sort un remix de "Requiem pour un con", qu'elle retirera immédiatement du marché une fois la nouvelle apprise. Serge Gainsbourg est le père de l'actrice Charlotte Gainsbourg, issue de son union avec la comédienne et chanteuse Jane Birkin. Il a interprété avec sa fille le morceau "Lemon Incest" dans l'album "Love on the beat" en 1984. Il a également écrit et composé pour elle l'album "Charlotte for Ever" en 1986. L'album "Monsieur Gainsbourg revisited", sorti en mars 2006, regroupe 14 adaptations anglaises réalisées par Boris Bergman et interprétées notamment par Franz Ferdinand, Portishead, Jarvis Cocker, Kid Loco, Gonzales, Feist ou Tricky...

 

Rémi Bouton


Renseignements sur Serge Gainsbourg

  • Artiste

    Serge Gainsbourg

  • Prénom :

    Lucien

  • Nom :

    Ginsburg

  • Ville

    Paris

 
 
 
 

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